Tales Nouvelles

Dormir…

Par Afaf Aniba

Elle se releva et regarda l’heure dans son portable, l’écran lumineux lui indiqua 14h30, elle poussa un léger soupir “Pas le temps de faire une sieste réparatrice, ses pas résonnaient dans l’appartement, elle plissa les lèvres imaginant déjà son discours :

-Que fais-tu ? Quel audace de faire la sieste à une heure où la vie bouillone ? Elle lui lança un regard qui révélait son extrême fatigue, mais il l’ignora et demanda :

-Ma cravate beige, où est-elle ?

-Devant toi sur la console, lui répondit-elle le ton bas.

Il lui sourit d’un sourire désolé et sans un mot, il partit. Dans la cuisine, elle se prépara un thé fort et s’assit devant les reliefs du déjeuner de son mari, comme d’habitude, il avait bon appétit et il a su tout réchauffer sans avoir besoin d’elle, elle ne put s’empêcher de sourire “Combien de fois lui ai-je apprit à allumer la cuisinière et à mettre dessus une casserole ou un des ces engins à cuisiner pour juste apporter de la chaleur à ses repas froids ? des dizaines et des dizaines de fois et au bout du compte le gentil mari a commencé à se débrouiller seul, quel prouesse de sa part”

Le bip bip de son portable résonna, une de ses partenaires professionnels lui demandait conseil, elle l’écouta d’un air du déjà vu, du déjà entendu et fit effort sur elle-même de fouiller dans sa tête une réponse cohérente. Puis le thé bu, elle fourra le tout dans la machine à vaisselle, et reprit le chemin de la chambre à coucher “Je veux juste me reposer, cette vie que je mène à une cadence folle ne me séduit guère ya Allah!” Se dit-elle, dés qu’elle s’écroula sur le lit, il lui semblait qu’elle venait à peine de fermer les yeux que la voix de son mari la tira brutalement d’un sommeil libérateur :

-Voyons, as-tu oublié que nous sommes invités à dîner chez ton père ? Ah et où est ma cravate bleu ?

Là, elle se mit à rire tout court :

-Je t’en prie, appelle baba et dis-lui que je suis exténuée et que je dois me reposer et qu’il reporte ce dîner à un autre jour.

S’asseyant près d’elle, son mari la regarda l’air sentencieux :

-Mais oublies-tu que ton honorable mère a fait l’effort de préparer le dîner et se décommander lorsque tout est prêt n’est pas du tout poli ?

Elle réfléchit juste un instant puis tendit son bras vers lui :

-Aide-moi stp à me mettre debout et ya Allah quel robe je vais mettre et je t’en prie qu’on ne s’attarde pas, lui dit-elle.

Il l’aida à se lever doucement tout en lui assurant :

-N’ai crainte, au retour, je veillerais à te mettre au lit comme une petite fille que tu es.

Elle le fixa :

-Ce n’est pas du tout drôle, lui dit-elle.

Ce fut à son tour de rire.

-Où es ma robe ? S’enquit-elle.

Il fit vivement :

-Tu ne l’as pas encore choisi et voici celle que je te recommande avec son écharpe.

Elle pouffa de rire en prenant le vêtement au couleur du printemps :

-Tu veux que je mettre cela en plein hiver.

Tu mettras dessus ton manteau de fourrure et fais vite, moi je descends mettre en marche la voiture.

Elle le vit partir à grand pas, quelques instants plus tard, en s’asseyant près de lui, elle fit mécontente :

-J’ai oubliée mon sac

Elle fit mine de remonter le chercher, le bras de son mari l’immobilisa et sa voix amusé lui parvint ,

-Serre ta ceinture et cesse de te formaliser, nous allons chez toi et pas à un commissariat de police, sac et papier sont bien là où ils sont.

Elle le concéda et ferma les paupières, le mouvement de la voiture l’endormit et c’est à nouveau au son de la voix de son mari, qu’elle s’éveilla :

-On est arrivé à destination, secoue toi, un peu de maintien devant tes parents.

Elle lui dédia une grimace puis se composant un sourire éclatant, elle salua son père.

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

زر الذهاب إلى الأعلى