
Cette nouvelle est tiré d’un fait divers sur les moeurs au Congrès Américain.
Il buvait son café quand son assistante démissionnaire apparut et fit le ton bref :
-Elle est là.
-Faites-la entrer. Lui dit-il tout aussi bref.
La jeune femme de 28 ans qui se présenta était simple dans sa mise, sans maquillage, une serviette de juriste à la main et un air serein. Il l’invita à s’asseoir de la main.
Ce qu’elle fit sans bruit.
-Vous avez une idée je présume de la spécificité de votre poste mademoiselle, commença-t-il.
Elle fit oui de la tête.
-Je dois vous dire que je suis un monstre du travail et en tant que représentant du premier district congressionnel de la Floride, ce n’est pas du gâteau.
A nouveau, elle acquiesça.
Il poursuivit :
-Chacune de mes précédentes assistantes avait sa méthode travail, quelle est la vôtre mademoiselle ?
Pour la première fois, il entendit sa voix clairement, une voix aux intonations charmantes :
-Je travaillerai à votre rythme monsieur.
En deux mots, elle avait résumé sa manière de travailler, il était favorablement impressionné. Mais, elle ne sait pas que c’est un véritable défi que je lui ai lancé, se dit-il. Aussitôt, il la mit à l’essai
-Deborah en sortant d’ici vous feras connaitre le montant de votre salaire et vous aurez à signer un contrat qui vous engage à respecter scrupuleusement ses clauses et vous reviendrez ici, du travail vous attends.
En ressortant et une fois le contrat entre les mains, elle releva un fait, elle n’avait pas droit à des vacances qu’une seule fois par an, Deborah ajouta à son intention :
-Avec lui pas de Noel ni de Thanksgiving et quand même vous tombez malade vous devez vous manifester dans ses bureaux.
Elle avait compris et signa l’air décidé le contrat.
Revenant auprès de son nouveau patron, elle commença une cadence de travail d’enfer, elle partit le jour même pour la Floride puis passa par Alabama et remonta à Washington et resta dans les bureaux jusqu’à minuit à rédiger deux rapports distincts. Le lendemain, elle passa sa journée à rencontrer les différents représentants républicains, le speaker, des entrevues courts, juste le temps de se faire connaître et de connaitre leurs staffs puis elle accompagna son patron en Floride où il devait rencontrer des juristes du sénat de l’état conservateur, il devait débattre de plusieurs dossiers, de l’énergie propre, des difficultés de budget de l’autonomie de quelque établissement scolaire, un interminable ordre du jour, qu’elle assura l’air calme. Le patron à un moment lui dit :
-Dans dix minutes, on fait une pause pour déjeuner, comme vous êtes étrangère ici, je vous invite à partager mon déjeuner.
Elle protesta :
-Je ne veux pas vous déranger monsieur.
-Vous ne me dérangez pas car c’est l’occasion pour moi de vous entendre sur ce que nous avons fait aujourd’hui et je vous prie cessez ce monsieur cérémonieux et appeler moi par mon nom tout court.
Elle le fit sans discuter. Une fois attablés dans un restaurant, et après avoir passé la commande, elle lui communiqua ses observations dans un exposé clair. Il apprécia hautement le fait et se demanda en son for intérieur “Ce n’est que le début, à savoir si elle tiendra le rythme tout au long de l’année ?” Les jours, les semaines et les mois défilaient et un jour alors qu’elle s’apprêtait à s’envoler pour la Californie pour raison de travail, elle reçut l’ordre de repartir vers le bureau du patron. Là, elle vit qu’il l’attendait.
-Venez, lui di-il.
Ils sortirent du Capitol et conduisant lui-même sa voiture, il annonça à la jeune fille :
-J’ai pour principe de ne jamais recevoir des pots de vins.
-En effet, fit-elle.
-Le conseiller du futur président me fait miroiter le poste du ministre du homeland security alors que je ne suis pas qualifié pour ce poste et le jour même je reçois la visite du numéro Un du NRA et tu sais ce que cela implique ?
-Oui, un pots de vins pour s’assurer de votre bienveillance une fois au homeland security
-Bien, j’ai refusé tout court donc je m’attends à un châtiment et toi et moi on doit être prêt à tout.
Cette fois, la jeune femme regarda son patron :
Ce qui signifie ?
-Cela signifie qu’on va nous salir avec une affaire de moeurs et crois-moi cela va être dur, lui dit-il le ton ferme.
Incrédule, elle fit :
-Pourquoi dur McGovern, vous et moi nous avons la conscience tranquille, de quoi nous devrions avoir peur ? Qu’ils fassent leur sale besogne cela ne nous toucheras pas.
Il sourit, il y avait une telle candeur dans cette jeune assistante, elle travaillait à ses côtés depuis un an et demi, elle avait fait ses preuves amplement, il ne l’avait jamais entendu se plaindre de quoi que ce soit mais il avait perçu dans sa personnalité une innocence que la plupart des femmes avaient perdus de nos jours. En conséquence, il déclara :
-Je suis d’accords, nous avons la conscience tranquille, mais les méchants vont chercher le talon d’Achille dans chacun de nous et là on doit être extrêmement vigilant.
Un silence se fit puis la voix tout à fait sérieuse, elle dit le ton interrogateur :-Ne me dites MCGovern que vous avez un talon d’Achille.
Cette fois, il rit tout court.
-Si, je l’ai, je suis un être humain et je suis pêcheur.
Il l’entendit :
-Ah bon!.
Il freina et gara tout au long du trottoir et prit le temps de rire puis levant ses yeux sur son assistante assise près de lui :
-Amalia, personne n’a de conduite parfaite, être idéaliste, c’est bon mais pas trop c’est mieux, lui dit-il.
A nouveau le silence puis de sa voix charmante, elle fit :-Bien, je vous écoute, faites votre confession pour que je puisse faire bonne figure quand la foudre nous tomberas dessus.
Il eut un autre rire et le ton franc, il la mit au courant de ce qu’on pouvait lui reprocher, à la fin, il s’attendait à un commentaire de sa part, il n’en fut rien. Et quand il la reconduisit à l’aéroport et au moment de se séparer, il l’entendit lui dire prudemment :
-Vous ferez mieux de vous marier, pensez-y.
Et sans attendre sa réponse, elle partit le pas précipité. Il demeura abasourdie un moment puis riant aux éclats, il redémarra.