Tales Nouvelles

“Pas moi en tout cas”

Par Afaf Aniba

Ceci est une nouvelle vraie du vécu Algérien.

Un matin, le père de Fadhila un homme d’affaire bourgeois la convoqua dans son bureau dans sa grande demeure sur les hauteurs d’Alger capitale et lui apprit sa décision :

-Tu es revenue de Paris muni de ton doctorat de PhD, il est temps pour toi de t’émanciper, je ne suis plus responsable de toi matériellement.

Abasourdie, elle regarda son père et fit :

-Comment cela tu n’assures plus mes dépenses ? Mais notre foi l’Islam te responsabilise envers moi et puis quel relation avec mon doctorat ?

Il répliqua le ton sec :

-Cela a une relation logique, tu dois chercher un travail et ton diplôme t’assure un revenu supérieur à nos ministres quant à l’Islam je m’en moque !

Dissimulant sa colère, elle se leva et quitta le bureau de son père. Orpheline de mère, elle était la cadette d’une fratrie de quatre. Elle ne dit rien à sa grande soeur déjà mariée ni à son frère aîné lui aussi homme d’affaires et partageant la mentalité de leur père quant au cadet, il préparait son baccalauréat et elle ne voulait surtout pas le perturber en période d’examen et puis qu’aurait-il pu lui dire ou faire ? Elle devait s’en sortir seule, en parler à son oncle paternel, elle connaissait sa réponse d’avance “Ma chère fille, je suis en désaccords avec mon frère cadet, ton père en devenant riche a oublié les lignes rouges de notre religion surtout en affaire commerciale et la source de sa fortune est douteuse.” Les deux frères se voyaient juste dans les fêtes familiales et se saluaient froidement sans couper totalement les ponts entre eux deux, pour ce qui est des deux tantes paternelles, elles étaient malheureusement fasciné par la richesse de leur frère cadet et pour rien au monde elles ne se seraient opposés à lui.

Elle passa sa journée à réfléchir, trouver un travail avec son doctorat dans un pays qui n’a même pas la technologie très poussé qu’elle avait étudier la condamnait à chercher un poste de moindre importance. Elle se demanda avec inquiétude “Dois-je me résigner à travailler alors que j’aurais tant voulu rallier un centre de recherche à distance pour poursuivre mes recherches ? Ya Allah, j’aurais dû deviner que mon père me réduirait à cette tâche ingrate de subvenir à mes besoins alors que c’est son devoir à lui surtout que je suis célibataire et je ne suis pas encore marié à un mari qui m’aurait épargné d’assurer ma subsistance ?”

C’était trop tard et se lamenter sur son sort ne servirait à rien. L’esprit pratique, elle s’attela les jours suivants à épluchait les annonces et à publier des annonces, elle recevait des réponses pour des entrevues, elle y allait à contrecoeur. Et à chaque fois, elle constatait que l’atmosphère ne répondait pas du tout à ses critères morales, les recruteurs mixtes étaient trop familiers entre eux et toutes les employées qu’elle rencontraient imitaient à la lettre les moeurs qu’elle avait laissé à Paris, un entourage professionnel aussi libertin ne lui convenait pas et ce qui l’horripilait plus que tout c’est que ces messieurs en lui faisant subir les interviews relevaient tout de suite son air conservateur, son extrême politesse et ses manières strictes, un jour un recruteur osa le lui reprocher, elle répliqua sans penser à l’impact de ses paroles sur ses chances d’être recrutés :

-Vous êtes libres de singer vos maîtres Français, moi pas.

Et elle s’était levé mettant fin à l’entrevue, de ce poste elle n’en voulait plus. Quelle fut sa surprise de découvrir deux jours plus tard dans son portable, un mail lui annonçant son recrutement dans ladite société. En allant, occuper son poste, elle rencontra le recruteur insolent de l’autre jour, s’immobilisant, elle lui demanda :

-Qui a pesé dans ma nomination, je vous prie ?

Il lui lança revêche :

-Pas moi en tout cas.

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

زر الذهاب إلى الأعلى