Tales Nouvelles

Les hommes ont été crées pour assurer notre subsistance

Par Afaf Aniba

Elle avait eu son baccalauréat littérature avec mention, et décida de s’inscrire à l’enseignement supérieur à distance. En apprenant sa décision, son père fronça les sourcils :

-Pourquoi à distance alors que la faculté centrale est à dix minutes de notre domicile ?

-Parce que je veux étudier à mon rythme, tranquillement à la maison loin de la mixité douteuse et je dois aider mama aux travaux ménagers, lui répondit sa fille.

Il rétorqua le ton sévère :

-Ma fille, ton engagement religieux est en décalage avec la modernité de notre temps.

Elle s’abstint de répondre et se leva de table pour desservir.

Elle était l’aînée d’une fratrie composé de trois, deux filles et un garçon et elle se mouvait dans son environnement familial avec cette conscience aigu de ses devoirs religieux. Bien que son sens de la morale lui valait une grande solitude, elle s’y tenait strictement. A sa soeur cadette qui se moquait de sa rigueur, elle disait invariablement :

-Il m’est indifférent ce que les gens et la famille pensent de moi, tant que je suis dans le droit chemin, je ne m’en formalise pas ma chère soeur.

La seule qui la soutenait était sa mère, une femme très pieuse qui souffrait du dédain qu’affichait son mari à l’envers de la foi. En apprenant  de son frère la décision de Hala, la tante paternelle rendit visite à la famille et discuta sérieusement avec sa nièce :

-Des études à l’université te donnent plus de chance de décrocher un travail par la suite ma chère Hala, lui avait-elle dit.

La jeune fille le ton poli :

-Je n’ai pas l’intention de travailler à l’obtention de mon diplôme universitaire inshâallah.

-Voyons ! Que vas-tu faire à la maison ? De notre temps, la femme moderne étudie et travaille et gagne ainsi son indépendance et s’émancipe, fit le ton grave la tante paternelle.

-Malheureusement ma chère tante, je ne suis pas une femme moderne ! Mon diplôme me suffit et j’ai d’autres choses à apprendre comme coudre et broder, et m’occuper des mes parents qui vieillissent. Mama a besoin de moi plus que jamais, le travail n’est pas une nécessité, ce qui m’importe par dessus c’est d’être une fille sage et reconnaissante envers ses parents et je dois suivre de près le parcours de Naila, elle qui doit passer l’examen du baccalauréat dans deux ans.

Cette explication faite, Hala s’excusa pour aller préparer le café et servir des gâteaux à la visiteuse, celle-ci regarda la mère de Hala :

-Bien entendu, tu l’encourages dans cette voie imprudente Zohra, déclara t-elle.

L’air paisible, la mère de Hala fit :

-Elle a emprunté une voie que Allah béni et approuve, c’est l’essentiel pour moi.

-Je ne comprends pas cette foi qui réduit la femme à la servitude sans le moindre respect à son intelligence et sa sensibilité, répliqua la tante exaspérée.

Revenue portant un plateau, q’elle déposa devant la soeur de  son père, Hala opina :

-Rendre le un quart de ce que mes parents m’ont donnés depuis ma naissance n’est pas de la servitude et notre religion l’Islam nous a honoré en nous gardant entre les murs de nos maisons et il n y a pas plus grande déchéance pour nous autres que de nous pousser à travailler pour subvenir à nos besoins, les hommes ont été crées pour assurer notre subsistance.

Sa tante compris qu’elle n’influencerait pas sa nièce comme elle le voulait et le soir en appelant son frère, elle dit à celui-ci :

-je suis désolé mais ton aînée à un esprit obtus.

-Je ne le sais que trop bien, fit en soupirant le père.

Menant ses études à distance et s’occupant du ménage de leur maison, sa mère souffrait des affres de l’arthrose, Hala put obtenir au bout de quatre ans sa licence en littérature Persanne et s’inscrivit pour le magister. Elle vivait sereinement, semant le bien, surveillant sa cadette dans ses études et gardant un oeil sur leur frère unique qui traversait une adolescence difficile.

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